Derniers commentaires...
 
<< Bienvenue à Goma Les Enfants de l'empereur >>

Les Déferlantes
Imprimer Imprimer 

A La Hague, ‘un endroit comme au bout du monde’, la narratrice, dont on ne saura pas le nom, travaille pour le centre ornithologique de Caen, elle observe les oies sauvages, les cormorans…

Elle est ici, dans ce village de pêcheurs, pour oublier ; elle aimait follement, il est mort. Pour tenter de s’en remettre, elle se terre dans le silence et ce que lui offre la nature. Des falaises escarpées, une ville fouettée par le vent, elle habite une maison, ‘La Griffue’, presque au milieu de l’eau, enfin si proche qu’elle semble prendre vie au gré du vent et de la force des vagues. 

Un jour de grande tempête, alors que le village entier se barricade, elle voit un homme qui semble défier les vagues sur le quai, et quand tout est fini, que les hommes viennent constater les dégâts, Nan, la ‘vieille folle’ du village, croit le reconnaître et l’appelle Michel. Cet homme, c’est Lambert, quarante ans plus tôt, ses parents se sont noyés.

Théo, le gardien du phare, a-t-il quelque chose à voir avec cet accident ?

Pourquoi Nan l’appelle Lambert Michel ?

Pourquoi elle se sent intriguée et attirée par cet homme ? 

Petit à petit, les langues se délient, on apprend à connaître tous les personnages, Lili, la fille de Théo, qui tient un café (haut lieu de rencontre), Anselme, admirateur inconditionnel de Prévert, Morgane et son frère sculpteur, Raphaël, qui vivent tous les deux à la Griffue.

Cette femme étrangère à toutes les histoires fait le lien entre tous les habitants du village, elle tisse les ramifications pour que le lecteur comprenne qui est là, pourquoi et comment. 

Ce roman bouleversant nous présente une nature contre laquelle il faut presque lutter physiquement. Claudie Gallay a cette particularité : faire vivre pleinement le lieu où se situe son récit. Avec Seule Venise, déjà, elle nous proposait un personnage en plus : la ville ; et là, cette mer qui est tellement présente, tellement violente. Cette mer qui prend et ne rend jamais comme dirait Nan, cette mer qui rend les gens fous.

L’auteur nous offre la vie d’un petit village avec ses secrets, ses non-dits, ses amours, son idiot du village, Max, tellement attachant, la photographie d’un microcosme. Presque un huis clos, une énigme, des personnages liés les uns aux autres par des histoires mais aussi par la mer. 

Tout est fragile ici, la relation entre Lambert et Elle, entre les habitants du village qui se connaissent depuis toujours, on sent comme un caillou dans la chaussure; tout se passe calmement  mais avec une densité palpable.

L’écriture est limpide, poétique, les chapitres sont courts, les dialogues sont nombreux, et  pourtant quelque chose pèse, l’atmosphère est électrique, le lecteur veut savoir ! 

Ce livre m’a emmené, sur ces falaises ventées, vers ces personnages à vif, dans cette maison presque vivante, vers ces silences magnifiques.

Séverine Nicolle 

Claudie Gallay, Les Déferlantes (Le Rouergue, 2008)



09-05-2008 | Envoyer | Déposer un commentaire | Lu 1338 fois | Public
voirAjoutez votre commentaire

Coups de coeur
 
Notre site
 
Recherche