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Les romans photos sont rares. En jeunesse ils étaient inexistants. Heureusement, il est encore de ces entreprises originales, de qualité qui germent et voient le jour grâce à l’inventivité et au dynamisme de certains…et qui donnent naissance à des ouvrages aboutis tels que Les Maquisards du Poirier. Ecrit pour et par la jeunesse – sous la houlette de Grégory Jarry, déjà auteur de romans photos – tiens, tiens, tiens, Jarry, on en reparlera plus tard… – ces clichés qui parlent naturellement évoquent les souvenirs d’une génération … qui fout le camp, allons y franchement. Ainsi les anciens, dialoguant en noir et blanc sur le papier glacé, racontent leurs histoires de guerre, de traditions oubliées, somme d’anecdotes d’un passé qui s’étiole doucement. Souvenirs. Soupirs. Sourires. Rires. Tristesse. Compassion…et combien d’autres émotions suscitées par ces textes emprunts d’une saisissante sincérité. Félicitations aux jeunes auteurs de Montemboeuf et à leurs interviewés. Ahmed sans abri Mango Jeunesse, avec l’album Ahmed sans abri, nous offre de l’humanisme, du réalisme poignant et poétique, naïf aussi puisque le thème de la clochardisation est vu derrière un regard d’enfant. Le texte est beau, simple, vrai pendant que les illustrations animent les pages de leurs couleurs certainement plus flashs que la noirceur du sujet. Et quand on sait que pour tout achat de cet ouvrage, un euro sera reversé à l’association Emmaüs, on court, on court, on court afin de se le procurer au plus vite.
Encore une occasion de célébrer un auteur, et non des moindres. Il y a cent ans, Alfred Jarry disparaissait. Physiquement. Dans l’histoire littéraire, il a sacrément grandi et désormais on peut dire qu’il occupe une place importante au Panthéon des illustres. Dans le langage même, puisqu’il n’est pas rare d’entendre le qualificatif « ubuesque » au détour d’un propos. Le livre édité par Gallimard est beau, illustré à merveille par l’artiste Ricardo Mosner dont on peut admirer le talent sur bien d’autres couvertures d’ouvrages – dernièrement Les Papous dans la tête, la couv’ et tout, c’était lui. Le texte et les dessins sont en adéquation parfaite ; la jeunesse ne peut que saluer un auteur de théâtre révolutionnaire et son illustrateur au pinceau gai et mouvementé. Belle réussite.
Séduit. Conquis. Amoureux de cet album. C’est ça : qui lit ce livre tombe amoureux. Parce qu’il parle d’amour ? Oui mais pas seulement. D’ailleurs il ne parle pas d’amour, il l’évoque avec le plus joli des romantismes sous la métaphore filée des « papillons dans le ventre » ; de ceux que l’on ressent quand on aime, oui, oui, oui. L’image est simple : chacun, tout comme l’éléphant Vladimir, a un million de papillons en lui. Personne ne les voit jusqu’au jour de la rencontre avec celui ou celle de son cœur. A cet instant, on voit les papillons de l’autre qui lui voit les nôtres, on est surpris, heureux, chamboulé, et voilà que tous ces papillons se rejoignent, deux millions de papillons colorés qui voltigent sur le papier…c’est beau l’amour. Les dessins sont superbes, le texte est merveilleusement balancé…et je n’ai plus de mot. Je suis amoureuse. Vous le serez à votre tour dès que vous aurez l’album entre les mains. Axelle Perrin & Catherine Brosse |












