Dylan et sa famille habitent une station-service au bord de la faillite en Angleterre, plus exactement à Manod, ville grise, pluvieuse et ignorée de tous. Suite à une inondation à Londres, les tableaux de la National Gallery sont mis à l’abri dans la carrière de Manod, sous la surveillance du prétentieux Lester. Grâce à un quiproquo, Dylan aura accès aux peintures, puis finalement tous les habitants de la ville, à un moment ou à un autre, verront un tableau.
C’est là que se situe le nœud de l’histoire puisque chacun sera atteint dans sa sensibilité, ce qui poussera certains à l’action et leur permettra même de franchir une étape dans leur vie.
Le récit se construit en même temps que la vie des habitants change pour faire passer un message sur la nécessité de l’art par un procédé d’interdépendance des intervenants : les tableaux ont un rôle positif dans la vie des gens, mais sans ces derniers pour les regarder, ils perdent leur finalité. (Lester voulait contempler seul les œuvres mais a compris leur dynamique en société.) .
Trop sérieux tout ça ? C’est sans compter sur l’ingrédient majeur du livre, à savoir l’humour, autant dans le style que dans l’action. Le ton est facilement ironique et les situations cocasses. Dès le début, la couleur est annoncée puisque le quiproquo de départ, c’est Lester qui pense que Dylan est un grand passionné d’art car il a appelé ses poules Raphaël et Donatello comme les artistes alors que Dylan pensait aux tortues Ninja ! L’auteur nous avait déjà régalé de son humour avec Millions, un premier roman adapté au cinéma en 2005.
Enfin, derrière une apparente naïveté de certains personnages se cache une grande sensibilité.
Humour, regard artistique sur le devenir et ressenti font de Le crime parfait un livre qui l’est tout autant.
Catherine Brosse
Frank Cottrell Boyce, Le Crime Parfait (Gallimard, 2007) - à partir de 11 ans